Pourquoi vos commerciaux parlent trop… et vendent moins

Dans la plupart des équipes commerciales, le réflexe est le même :
présenter l’offre, expliquer la solution, convaincre le prospect.
Autrement dit : parler.
Pourtant, plus un commercial parle, moins il vend.
Ce paradoxe dérange, mais il reflète une réalité terrain :
la performance commerciale ne repose pas sur la capacité à convaincre, mais sur la capacité à comprendre.
1. Pourquoi les commerciaux parlent trop
Ce comportement n’est pas un défaut individuel.
C’est un réflexe profondément ancré.
Les commerciaux parlent trop parce qu’ils veulent :
prouver leur expertise,
montrer la valeur de l’offre,
éviter les silences inconfortables,
rassurer le prospect,
se rassurer eux-mêmes.
👉 Parler donne une sensation de contrôle.
Écouter demande d’accepter l’incertitude.
2. Le piège de la démonstration prématurée
Lorsqu’un commercial présente trop tôt son offre :
il répond à un problème qu’il n’a pas encore compris,
il projette des besoins supposés,
il perd l’attention du prospect,
il banalise sa solution.
Résultat :
le prospect écoute poliment… puis compare uniquement le prix.
👉 Quand la valeur n’est pas reliée à un problème concret, elle disparaît.
3. L’écoute active : la compétence commerciale sous-estimée
Les meilleurs commerciaux ne parlent pas moins par hasard.
Ils parlent moins parce qu’ils écoutent mieux.
L’écoute active permet de :
comprendre les enjeux réels,
identifier les priorités,
détecter les non-dits,
qualifier la motivation au changement,
adapter le discours avec précision.
👉 Un prospect se convainc lui-même quand il se sent compris.
4. Le silence : un outil commercial puissant
Le silence est souvent perçu comme un malaise.
En réalité, c’est un levier.
Le silence permet :
au prospect de réfléchir,
d’approfondir ses réponses,
d’exprimer des préoccupations réelles,
de prendre conscience de son problème.
Un commercial qui remplit chaque silence empêche ces prises de conscience.
👉 Le silence n’est pas un vide.
C’est un espace de réflexion.
5. Quand parler devient contre-productif
Parler trop peut entraîner :
une perte de crédibilité,
un discours confus,
un prospect passif,
une négociation centrée sur le prix,
un cycle de vente plus long.
À l’inverse, un échange équilibré renforce la perception de professionnalisme.
👉 La valeur perçue dépend de la qualité de l’échange, pas de sa durée.
6. Ce qui change quand un commercial parle moins
Quand un commercial parle moins et écoute davantage :
les rendez-vous deviennent plus qualitatifs,
les objections diminuent,
la confiance augmente,
la décision est plus rapide,
le taux de transformation s’améliore.
Pourquoi ?
Parce que la solution est reliée à un problème clairement exprimé.
7. Comment aider vos équipes à mieux écouter
Améliorer l’écoute commerciale ne consiste pas à dire « parlez moins ».
Cela implique de :
✔ Former à la découverte approfondie
Apprendre à poser les bonnes questions.
✔ Normaliser le silence
Ne pas combler systématiquement les pauses.
✔ Valoriser la compréhension plutôt que la démonstration
Récompenser la qualité du diagnostic.
✔ Travailler la posture
Passer d’une logique de persuasion à une logique d’exploration.
👉 Vendre commence par comprendre.
En résumé
✔ Parler trop est un réflexe courant mais contre-productif.
✔ L’écoute active renforce la confiance et la pertinence des solutions.
✔ Le silence permet au prospect de prendre conscience de ses enjeux.
✔ Une vente efficace repose d’abord sur la compréhension.
La vraie question n’est donc pas :
« Comment mieux convaincre ? »
Mais plutôt :
« Comment mieux comprendre avant de proposer ? »